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Prendre à l'ennemi, rendre au vainqueur
Conférence - Rencontre
Prendre à l'ennemi, rendre au vainqueur
Conférence - Rencontre

© Andrea Mantegna, Les porteurs de vases (cycle des Triomphes de César), entre 1484 et 1492, tempera sur toile, Londres, Royal Collection, Hampton Court Palace
Conférence animée par Xavier Perrot, historien du droit, Université de Limoges, et organisée dans le cadre de l'exposition-dossier "Récits décoloniaux. Faut-il brûler les musées ?".
Le patrimoine culturel a été à toute époque objet de convoitise, moins marchande d’ailleurs que symbolique par tout ce qu’il charrie d’imaginaire et d’idéologie que ce soit dans le triomphe du capteur victorieux, dans le combat idéologique que mène le missionnaire, dans la capture scientifique à laquelle se livre le savant aussi ou encore dans l’appropriation du collectionneur et du marchand. Plusieurs types de motivations sont ainsi, depuis l’Antiquité, à l’origine des transferts contraints de patrimoines culturels.
Cette conférence s’attardera plus spécifiquement sur les formes de captures des biens culturels en période de guerre et de colonisation, en s’attachant à éclairer la variété du lexique de l’appropriation dans ces contextes, du butin légal au pillage prohibé. Mais en parallèle de la longue durée du droit de prendre les biens de l’ennemi et de l’autre, se forge progressivement à partir du 19e siècle un droit de la restitution, objet de toutes les attentions aujourd’hui dans les musées, au sein de la société civile et chez les États demandeurs. Après les restitutions de 1815 consécutives aux prises révolutionnaires et impériales françaises, dans toute l’Europe le droit au butin, ius pradae, devient un droit de plus en plus contesté et le fait de restituer les propriétés sur le seul fondement de la victoire, un principe progressivement juridicisé sous la forme du droit de la restitution au propriétaire d’origine. En deux siècles ce n’est plus la « victoire » qui constitue le fondement de la reprise, mais le droit.
Les deux sujets, prendre et rendre, vont ainsi de pairs et ils ne peuvent s’analyser sans revenir sur le temps long des usages de guerre et de la place de certains biens précieux dans les conflits, puis dans les musées, ce qui autorise à poser aujourd’hui la question perturbante de savoir, s’il ne faut pas brûler ces derniers…
Le patrimoine culturel a été à toute époque objet de convoitise, moins marchande d’ailleurs que symbolique par tout ce qu’il charrie d’imaginaire et d’idéologie que ce soit dans le triomphe du capteur victorieux, dans le combat idéologique que mène le missionnaire, dans la capture scientifique à laquelle se livre le savant aussi ou encore dans l’appropriation du collectionneur et du marchand. Plusieurs types de motivations sont ainsi, depuis l’Antiquité, à l’origine des transferts contraints de patrimoines culturels.
Cette conférence s’attardera plus spécifiquement sur les formes de captures des biens culturels en période de guerre et de colonisation, en s’attachant à éclairer la variété du lexique de l’appropriation dans ces contextes, du butin légal au pillage prohibé. Mais en parallèle de la longue durée du droit de prendre les biens de l’ennemi et de l’autre, se forge progressivement à partir du 19e siècle un droit de la restitution, objet de toutes les attentions aujourd’hui dans les musées, au sein de la société civile et chez les États demandeurs. Après les restitutions de 1815 consécutives aux prises révolutionnaires et impériales françaises, dans toute l’Europe le droit au butin, ius pradae, devient un droit de plus en plus contesté et le fait de restituer les propriétés sur le seul fondement de la victoire, un principe progressivement juridicisé sous la forme du droit de la restitution au propriétaire d’origine. En deux siècles ce n’est plus la « victoire » qui constitue le fondement de la reprise, mais le droit.
Les deux sujets, prendre et rendre, vont ainsi de pairs et ils ne peuvent s’analyser sans revenir sur le temps long des usages de guerre et de la place de certains biens précieux dans les conflits, puis dans les musées, ce qui autorise à poser aujourd’hui la question perturbante de savoir, s’il ne faut pas brûler ces derniers…
Lieu
Musée des Beaux-Arts
Auditorium du musée - Entrée par la rue Gustave Simon.
3 place Stanislas
54000 Nancy
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