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Musée des Beaux-Arts

Édouard Moyse, peintre de la vie juive en Lorraine

Exposition-dossier

Peintre juif d’origine lorraine, Édouard Moyse (1827-1908) est le premier artiste qui choisit d’exposer au Salon des scènes de la vie juive et des moments fondateurs pour les juifs émancipés et intégrés à la nation. Il illustre ainsi un idéal où s’entremêlent les valeurs françaises et celles du judaïsme dans une synthèse que l’on a qualifiée d’« israélitisme » ; il en représente, en 1868, l’origine, Le Grand Sanhédrin réuni par Napoléon en 1807.

Moyse est le maître français incontesté de cette peinture pratiquée en Allemagne ou en Pologne. Si quelques autres peintres comme Édouard Brandon (1831-1897) ou Alphonse Lévy (1843-1918) ont aussi traité de scènes de la vie juive, Moyse s’en fait une spécialité – au point d’être surnommé le « peintre des rabbins » – et a su leur donner une coloration propre, car son œuvre dépasse, par ses aspirations spirituelles, la dimension ethnographique.

Peintre fidèle aux traditions de l’École des Beaux-Arts et graveur d’une grande sensibilité, Moyse privilégie deux thèmes majeurs en écho à son idéal israélite : d’une part, faire connaître les rites et les valeurs du judaïsme en les intégrant à la culture française, et, d’autre part, défendre les juifs face à la montée de l’antisémitisme en recourant à des scènes historiques.

La redécouverte de l’œuvre de Moyse, en partie perdue et présentée pour la première fois au public, s’inscrivait dans une exploration des expressions artistiques, souvent méconnues, du judaïsme.

Commissariat : Dominique Jarassé, professeur d'histoire de l'Art contemporain à l’Université Bordeaux Montaigne.

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