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Musée des Beaux-Arts

Jacques Callot (1592-1635), virtuose de l'eau-forte

Accrochage des arts graphiques

Fils du héraut d’armes du duc Charles III, Jacques Callot est né à Nancy en 1592. En 1604, Callot fugue et part en Italie. Ses parents le ramènent de force en France mais il récidive et est ramené une seconde fois chez lui. Son père le met alors en apprentissage chez un orfèvre à Nancy où il apprend la gravure au burin. En 1608, à la fin de son apprentissage, sa famille accepte qu’il reparte en Italie mais cette fois il fait partie de l’ambassade du duc Henri II qui vient d’accéder au trône de Lorraine.

Après un séjour à Rome, il arrive à Florence en 1611. Là, c’est auprès du peintre et graveur Antonio Tempesta (Florence, 1555 – Rome, 1630) et de Remigio Cantagallina (Sansepolcro, 1582 – Florence, 1656) qu’il apprend la technique de l’eau-forte.

Florence est alors gouvernée par le grand duc Cosme II (1590 – 1621), protecteur des artistes et des savants.

À partir de 1614, Callot occupe un atelier aux Offices, proche de celui d’orfèvres et d’ébénistes. C’est au contact de ces artistes que sa technique de la gravure s’affine. Il découvre le vernis dur utilisé par les luthiers. Ce médium va lui permettre une grande précision dans la gravure, même dans les fonds. Le vernis dur permettant les morsures multiples, l’artiste va l’utiliser afin de préciser son tracé. Cette technique permet de traduire les formes et le mouvement dans l’espace. Callot peut obtenir les mêmes effets que ceux du burin sans la difficulté de l’outil.

La première série dans laquelle Callot expérimente ce procédé est la suite des Caprices, ensemble de 50 pièces de fantaisie proposant aux artistes des modèles pour apprendre à dessiner.

La Foire de l’Impruneta, une estampe aux dimensions ambitieuses, consacre son talent. Gravée à Florence, cette œuvre témoigne de la virtuosité et de l’imagination débordante de l’artiste. Le sujet s’inspire d’une foire, en marges de festivités dédiées à aux épines, à laquelle Callot assiste en 1619 et en rapporte de nombreux dessins dont l’assemblage a donné naissance à une de ses œuvres les plus célèbres.

Plus tard, de retour en Lorraine, son talent se développe dans de petites compositions consacrées au culte des saints qui se développe en réaction contre le calvinisme implanté à Metz. Ces images remplissent les mêmes fonctions que les retables d’autel : lorsqu’elles représentent le martyr des saints, elles incitent le spectateur à se dépasser.                                                                                     

Commissariat : Michèle Leinen, documentaliste, musée des Beaux-Arts de Nancy

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